" Gaïa-Sun"

Gaïa est à l'origine une oeuvre pour flûte solo.
Un seul souffle, un seul théâtre; le musicien et sa flûte.
Gaïa Sun ; une mise en perspective, scènique et acoustique, kaléïdoscopique. Oeuvre non dirigée, d'une vingtaine de minutes, composée pour l'Ensemble Alternance,avec un dispositif de 4 petits haut-parleurs diffusant un univers purement électronique,autonome dans sa composition.


Deux univers parallèles qui définissent une vitesse commune à la mise en mouvement du temps: ici les corps vivants, infinitude des énergies biologiques, là les machines de diffusions, blocs totémiques d'ondes électriques sans images concrètes.


Territoires de la flûte: symbole du souffle, donc du temps qui de l'énergie spécifiquement corporelle migre vers une pure image sans dimension réellement "corporelle" du sonore.


Un corps vivant sera toujours plus vaste qu'une infinitude de machines électriques. L'air est un corps. La puissance d'un corps vivant est infinie, car subtile. En effet, du jeu d'un corps d'un seul homme en prise avec un instrument "Gaïa Sun" se propose d'accueillir tous les registres où le sonore se transmute en musical, où le monde des représentations de l'invisible onde sonore d'origine purement électrique provoque tout un carrousel d'images , de visages virtuels, de corps vivants en quête d'identité. L'alliance à des corps machines en quête de vie éternelle est une Terre.

D'un seul souffle, continu, le "temps oriental" advient, car l'analytique de la " note" change d'échelle.


Ici les corps des musiciens: ouvrir les yeux sur l'incarnation de la musique.


Là les corps indéfinis: fermer les yeux sur l'utopie des automates.


Philippe Schoeller